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Vendredi 13 Novembre 2020 à 17h00 TU, 18h en France - A Cormeilles en Vexin
N° 1279 - Ces bateaux dangereux

Bonjour à tous,

Ce mercredi matin un mail arrive sur mon téléphone, c’est la Newsletter de Voiles et Voiliers. Je ne me précipite pas car je suis abonné et j’en reçois quasi quotidiennement. Mais tout d’un coup le titre me donne une énorme décharge dans tout le corps, c’est une détonation, c’est un coup de tonnerre, c’est ahurissant « Le catamaran ‘Hallucine’ de Régis Guillemot chavire au large de Vigo : un mort, trois rescapés ».

L’homme de quart est tombé à l’eau et son corps a été retrouvé au bout de 36 heures. Régis et les deux autres équipiers se sont réfugiés dans le radeau de survie alors que le catamaran coulait. Ils ont pu être récupérés pas un cargo qui les a déposés aux Acores ce mardi.

Quel choc, j’en suis tout retourné, Régis est un très vieux copain du temps où j’œuvrais dans le milieu de la moto. Je suis avec assiduité les déplacements de son bateau. Il était parti du Golfe du Morbihan. En effet, grâce au système AIS on peut vivre la route des voiliers sur Marinetraffic.com par exemple. Le 6 Novembre, vendredi dernier, il se trouvait au large de La Corogne, mais depuis sa position n’évoluait plus et j’étais inquiet.

Pour fonctionner ce système a besoin de communiquer la position du bateau à des relais et pour ce faire il doit passer assez proche. Pas de position pendant quelques heures c’est normal mais pas pendant quatre jours, d’autant plus que ce bateau va extrêmement vite.

J’ai une grande admiration pour Régis et je suis très triste pour lui. Il a réussi tout ce qu’il a entrepris. C’est un travailleur acharné et un excité de la compétition. Dans le milieu de la moto c’était le meilleur et de très loin. Puis il a vendu, s’est installé en Martinique où il a créé et développé une entreprise de location de catamaran. Encore une réussite incroyable.

Et puis la voile c’est pour lui de famille, son cousin Marc Guillemot est très connu dans le milieu de la compétition et son père a effectué un tour du monde en solitaire. Quant à lui il a gagné la Route du Rhum dans sa catégorie en 2002. Avec Hallucine il a remporté l’année dernière la course de l’ARC devant près de 200 voiliers. Il a également remporté le trophée des multicoques.

Hallucine était un catamaran d’exception, entièrement en carbone, classé dans la catégorie course / croisière mais beaucoup plus course que croisière. Lorsqu’il me l’a présenté il était mouillé dans le Golfe du Morbihan. Ce qui m’a frappé lorsque nous approchions en annexe, c’est qu’il n’était pas dans l’eau, il était sur l’eau. Tel un fétu de paille posé sur l’eau il tournait rapidement autour de sa bouée au moindre courant d’air. C’était réellement hallucinant.

Il faut savoir que plus un bateau est léger et plus il va vite. Aussi les constructeurs et les skippers font tout pour réduire au maximum le poids des bateaux, les coques sont très fines et tout ce que l’on peut éviter d’embarquer est bien vu. Mais la mer n’est pas une baignoire, et beaucoup d’objets y flottent et dérivent en permanence.

Pour ma part je n’ai jamais vu de container et je ne suis pas persuadé que beaucoup d’entre eux flottent très longtemps après que les cargos les aient perdus. D’ailleurs, si c’était le cas, on en verrait pleins, échoués sur les côtes. Par contre les arbres sont très nombreux. Il suffit de se rappeler la catastrophe de la Vésubie il y a un peu plus d’un mois.

De ce fait il n’est pas anormal de percuter ces objets. Les règlements, les constructeurs de ces bateaux modernes fait pour la couse devraient prévoir cela. Le fait que ces bateaux aillent très vite et qu’ils soient fragiles de construction conduit à des catastrophes inévitables. Je suis d’ailleurs très inquiet et dubitatif en voyant partir tous les bateaux du Vendée Globe équipés d’appendices qui dépassent de partout. Pour ma part je trouve que c’est un peu de la roulette Russe.

Mais je ne peux pas comprendre, je n’ai jamais été un compétiteur, je ne suis pas un compétiteur et je ne serais jamais un compétiteur. Mon bateau est extrêmement solide, les échantillonnages son énormes, du coup il est très lourd et il ne va pas très vite. Il peut heurter n’importe quelle taille d’objet flottant, il ne risque rien.

Lorsque ces bateaux modernes traversent un océan en une dizaine de jours il me faut un mois et demi. Mais c’est mon bonheur, je suis bien en mer et je ne suis pas pressé d’arriver. J’adore la tranquillité et la solitude que j’y trouve. Et puis quel bonheur d’admirer le comportement de mon bateau dans une tempête. C’est un régal, cela me captive des jours durant.

A bientôt
Jean-Louis
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