Journal de bord de l'Harmattan |
Tue, 26 May 2015 17:00:00 - 22°56S 43°54W N° 811 - La marina Riomarina Ă Itacuruça
14h00 heure du bord, 17h00 TU, 19h00 en France.
Bonjour Ă tous,
Lundi 25 mai, que je suis bien ce soir, s’il fallait trouver une définition au mot bonheur, il suffirait de décrire le moment présent.
Allongé dans mon cockpit, je suis en train de déguster par toutes petites gorgées la Caïpirinha que je viens de me préparer. La paille un peu longue m’évite tout mouvement de la tête, le seul effort que j’ai à produire consiste à attraper tout à côté de moi une chips, une pistache ou bien une olive à l’ail et de porter cette pépite à mes lèvres gourmandes et affamées car j’ai raté le repas ce midi.
A 19 heures il fait 26 degrés, c’est pourtant l’équivalent de fin novembre mais je suis sous les tropiques, les étoiles brillent et un léger souffle d’air vient juste iriser la mer autour de moi. Harmattan est parfaitement immobile, je suis sur un lac. Avec moi dans le cockpit, Eric Clapton, invité d’honneur depuis deux jours me berce avec son album « Unplugged » qui passe en boucle. C’est doux, c’est beau, c’est reposant, comme je suis bien !
En fait je viens tout juste de relâcher la pression qui m’étreignait depuis plusieurs semaines. Celui qui n’a jamais vécu l’aventure de la totale autonomie en solitaire dans un pays où il est extrêmement difficile de se faire comprendre ne peut imaginer quel niveau de tension on arrive à atteindre. Il y a des impératifs à obtenir et en particulier avec les administrations brésiliennes qui, dans ce grand pays, sont particulièrement compliquées et exigeantes.
Ce soir je suis soulagé, mon bateau est dans une marina sécurisée à tous niveaux et je suis enfin en règle au niveau de la législation brésilienne pour les mois à venir, je peux me décontracter totalement, j’ai fini par réussir ce challenge.
Heureusement, la chance est en permanence avec moi et cette fois encore elle m’a permis de tomber sur la marina RioMarina et sur son responsable Luiz Claudio da Sliva.
La marina RioMarina fait partie de l’énorme groupe immobilier portugais MB qui comprend entre autre les plus grandes marinas de la région, la marina Gloria à Rio, la marina Pirata’s à Angra, la marina de Velrolm, la marina Porto Bracuhy … Ici, par contre, la marina a été séparée de l’énorme complexe immobilier Riomarina ressort composé d’un luxueux hôtel avec restaurant haut de gamme et piscine ainsi que de multiples immeubles de standing.
Pour la marina les installations sont réduites, elles sont composées de trois pontons flottants avec eau et électricité 110/220V plus un bungalow pour le service administratif et un second pour les toilettes. Toilettes hommes et femmes séparées, avec pour chaque côté deux WC et une douche. Ce niveau réduit de moyens explique également le niveau réduit des prix pratiqués mais la propreté et l’entretien sont irréprochables.
C’est bien vu car si près de Rio c’est l’endroit idéal pour laisser son bateau lors d’un retour en France ou pour une visite à l’intérieur du pays, voir des pays limitrophes. Située en bout de baie, entourée de montagnes de faible altitude, les conditions climatiques y sont excellentes et les amarres ne fatiguent pas beaucoup.
La sécurité des biens y est très bonne et personne n’hésite à laisser son bateau grand ouvert pour une sortie à la journée ou même la nuit pour certains. J’ai même pu voir le sac à main de madame, en fait je devrais écrire mademoiselle oublié sur la plage arrière alors que monsieur et mademoiselle sont enfermés dans la cabine avant pendant plusieurs heures !
Et par-dessus tout, Luiz est d’un dévouement sans bornes. Pour commencer il a tout fait pour m’aider à amarrer Harmattan, faisant venir un gars à bord pour attraper la bouée puis faisant venir un électricien pour installer la prise 220V qui allait bien.
Ensuite nous sommes allés à la Capitainerie du Port avec sa Renault bien entretenue alors que celle-ci ne se trouve qu’à environ 300 mètres de la marina. Itacuruça n’est pas un port d’entrée officiel, il y a une délégation de la marine brésilienne et après maintes discussion Luiz à obtenu de faire ici mon entrée dans l’état de Rio. Il m’a alors confié que j’étais le premier bateau étranger à venir ici.
Problème suivant, comment régler la marina ? Cela paraît tout simple, hé bien non, çà ne l’est pas ! Premièrement Luiz n’a pas de machine pour les cartes Visa, deuxièmement il faut payer impérativement en Réals. Mais le Réal n’est pas une monnaie quottée et l’on ne peut transférer que des Euros ou des Dollars. Je vous passe toutes les démarches, mais aujourd’hui mardi nous n’avons toujours pas la solution. Je crois que la direction a décidé d’ouvrir finalement un compte en dollars.
Comme le weekend tout est fermé nous avons décidé de nous attaquer au problème de la mise sous douane de mon bateau dès lundi matin. Dimanche j’ai rédigé une demande en portugais en recopiant celle que j’avais obtenue des douanes de Salvador de Bahia. Difficile avec toutes ces lettres aux accents bizarres. Maintenant il me faut un contrat de location. Encore un fois c’est une grande première.
Luiz a installé sur son ordinateur le logiciel du groupe mais il lui faut une grande partie de la matinée et l’aide d’un collègue venu en renfort pour arriver à finaliser ce contrat. Ensuite direction la Capitainerie du Port pour faire viser ma demande, il faut à nouveau patienter plus de deux heures et discuter ferme pour obtenir un coup de tampon et un visa.
Nous allons maintenant rendre visite aux douanes à Itaguai. Mais, problème, celles-ci sont situées à l’intérieur de l’enceinte du port et il faut une autorisation pour entrer. Deux heures et demie d’attente debout en pleine nature ! Arrivés enfin aux douanes, bien entendu il nous faut encore attendre que quelqu’un ait le temps de s’occuper de nous.
Enfin nous sommes introduits dans le saint des saints. Heureusement Luiz est là et raconte toute l’histoire. Comme aucun voilier ne fait des formalités ici, il faut que notre interlocutrice se renseigne. Bientôt ils sont trois à discuter âprement sur mon cas. Il semblerait qu’à Salvador une erreur ait été faite par le service des douanes.
Finalement après de multiples coups de tĂ©lĂ©phones et plus d’une heure de pourparlers, la femme me tend le fameux TECAT (Termo de ConcessĂŁo de AdmissĂŁo Temporária). Il est 16h30 ! Je dĂ©couvre avec bonheur qu’elle a purement et simplement annulĂ© ce qui avait Ă©tĂ© fait Ă Salvador et qu’elle en a fait un nouveau qui va du 4/02/2015, date de l’entrĂ©e du bateau au BrĂ©sil jusqu’au ……5/02/2017, deux ans plus tard.
En effet, le bateau a le droit de rester deux ans maximum au Brésil, elle s’est contentée d’appliquer la loi ce que ne font pas les autres centres de douane. Cette information est extrêmement importante pour les autres plaisanciers et en particulier pour les Français qui ne descendent généralement pas en dessous de Salvador de Bahia à cause de ces tracasseries administratives.
C’est extrêmement dommage car le meilleur du Brésil se trouve entre Buzios (80 Miles avant Rio) et Paranagua (Les chutes d’Iguaçu) 320 Miles après Rio.
Aujourd’hui c’est lessive et ménage puis demain je prendrais le bus en début d’après midi pour Rio, après une escale à Sao Paulo j’atterrirais à Roissy jeudi en début d’après-midi.
Luiz ne sera pas là demain, pour nous quitter nous avons fait l’abraçao. J’adore ! Cela consiste à se serrer chaleureusement dans les bras. Avec les garçons on se tape dans le dos, avec les filles ce sont plutôt des caresse dans le dos, au niveau émotions c’est très fort.
A bientĂ´t
Jean-Louis |
"vous etes pas loin de moi ouf mon angio bien passé je vais à lourdes avec les malades je faits 2 dialyse à tarbes je prie pour vous tous bises roselynedcon"
Envoyé par roselynedemeestere le 30-05-2015 à 16:56
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